Agriculture et déboisement

12 04 2008

 

par Annie Béliveau

 

Parmi les causes de la déforestation amazonienne, l’agriculture est de première importance. Près de 69 % de la déforestation de l’Amazonie entre 2004 et 2005 a eu lieu dans les États du Pará (31 %) et du Mato Grosso (38 %), deux États très agricoles. Dans la région de Santarém, une forte augmentation du taux de déforestation s’est produite en 2003, année de la construction du port de la compagnie Cargill, une multinationale agricole étatsusienne. Depuis 2001, l’agriculture mécanisée, attirée par la construction des routes et du port et par l’asphaltage de la route BR-163, est de plus en plus présente dans cette région. De plus, la multiplication des incitatifs encourageant la production et le programme Avança Brasil amènent plusieurs cultivateurs à migrer vers le nord et à s’y établir, empiétant sur la forêt tropicale.

 

Selon les régions et les propriétés du milieu, la forêt peut être coupée pour établir de plantations de soya, de riz, de pâturages pour l’élevage, ou des petites fermes familiales. Dans les années 90, l’élevage était la principale cause de déforestation en Amazonie (en 1995, 70 % des surfaces déboisées étaient des pâturages). Mais depuis peu, c’est l’expansion des plantations de soya qui cause les plus grandes préoccupations pour la région.

 

Les grandes exploitations ont été responsables d’environ 70 % du déboisement en 2004, tandis que  23 % de la déforestation a été causée par l’élevage. L’agriculture familiale, quant à elle, a un impact moins lourd (6 % des surfaces déboisées).

 

Les impacts de l’agriculture en Amazonie vont au-delà de la conversion directe de la forêt en champs agricoles. Le déplacement de la frontière agricole a en effets deux types d’impacts : la coupe directe de forêts, ainsi que la pression indirecte sur les forêts plus éloignées. La pression indirecte est liée à la délocalisation des petits agriculteurs qui, expulsés par l’arrivée des exploitations mécanisées, doivent pénétrer davantage dans la forêt afin de déboiser de nouvelle parcelles de terre pour pouvoir cultiver… et nourrir leur famille.

 

Le manque de cohérence au sein du gouvernement est parmi les causes de l’inefficacité dans la lutte contre la déforestation. En effet, un des obstacles majeurs au développement durable en Amazonie est la contradiction entre les incitatifs à la production agricole et les lois pour la protection de l’environnement.

 

Par exemple, selon un décret gouvernemental, les propriétaires terriens doivent obligatoirement exploiter leur terre afin de prouver qu’ils en sont réellement titulaires. Cela encourage ainsi les propriétaires à déboiser une plus grande partie de leur lot afin de s’en assurer la propriété. Cette mesure, qui visait au départ le contrôle du grilagem (l’appropriation illégale de titres de propriété), est en contradiction avec les efforts de protection de l’environnement, et accroît le taux de déforestation.

 

 

 


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Une réponse

30 09 2008
Foie

Bonjour, sur ce point : l’appropriation illegale de titres de propriete ; je ne vous suis pas tout à fait :) billlet intéressant en tout cas ! toujkours un plaisir de vuos lire, @+

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