par Annie Béliveau
L’intensification de la présence humaine en Amazonie s’accompagne d’une accélération de la destruction de la forêt tropicale. La forêt amazonienne représente environ 40 % des forêts tropicales toujours existantes sur la planète, mais elle est celle ayant le plus haut taux de déforestation. En 1970, seulement 1 % de la forêt amazonienne avait été touchée, mais on estimait en 2004 que près de 1/5 (17 %) de la forêt avait déjà été coupée. Une forte hausse de la déforestation s’est produite pendant 15 dernières années. Au cours de 2003-2004, plus de 27 000 km2 de forêt ont été coupés.
Malgré une baisse d’environ 30 % des coupes en 2005 (grâce à des actions du gouvernement brésilien), une augmentation du déboisement est à prévoir dans les prochaines années en raison du développement agricole ─ et surtout, de l’expansion du soya et de l’élevage ─ dans la région.
Les causes de la déforestation sont multiples et complexes. Souvent hors du contrôle du gouvernement, la déforestation est liée à la pression démographique du pays ainsi qu’aux forces de la mondialisation. En plus d’être le plus grand producteur de bois tropicaux au monde, l’Amazonie est aux prises avec des activités minières, un développement routier, la construction de barrages et l’agriculture, qui sont parmi les principales causes de la déforestation.
Il est clair que la construction de milliers de kilomètres de routes amene une immense pression sur la forêt. Les expériences du passé le confirment : l’asphaltage d’une route entraîne inévitablement des activités
causant le déboisement. En effet, les images satellites montrent que 85 % de la déforestation en Amazonie se concentre à moins de 50 km de part et d’autre d’une route. Actuellement, l’asphaltage de la route BR-163 (reliant Cuiabá à Santarém), rendant territoire relativement vierge plus accessible aux agriculteurs, forestiers et autres migrants, causera sans doute l’augmentation du taux de déforestation si aucune mesure n’est prise.
Le Brésil a une politique très développée pour la protection de l’environnement. Les problèmes qu’on connait ne sont donc pas dûs à un manque de réglementation, mais ils sont plutôt liés à l’inefficacité bureaucratique de certaines institutions ainsi qu’aux lacunes gouvernementales dans l’application des lois. L’Amazonie souffre d’un manque de ressources (humaines et financières) flagrant pour pour l’application des lois, pour la surveillance environnementale ainsi que pour l’imposition de sanctions aux contrevenants. Une amélioration des systèmes législatif et judiciaire est grandement nécessaire pour une meilleure gestion du territoire amazonien.


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