À quoi servent les réserves écologiques en Amazonie ?

10 07 2008

 

Par Annie Béliveau

Bene, un pêcheur de la région de Curuça, pratique la pêche artisanale dans la région de la superbe plage de la Romana, une immense étendue de sable blanc entourée de mangroves. Comme une poignée d’autres pêcheurs, il vient fréquemment passer quelques jours dans une cabane en bois construite en bord de mer, où il vient récolter les délicieux fruits de l’océan.

Les habitants de la petite ville historique de Curuça, située dans le nordeste de l’État du Pará au Brésil, à la rencontre du fleuve Amazone avec l’océan Altantique, jouissent d’un environnement naturel à couper le souffle… Dans cette région se côtoient mangroves, rivières douces et salines, plages et océan à perte de vue, bref, un merveilleux mélange d’écosystèmes abritant une biodiversité étonnante. Parmi les animaux qu’on y trouve, il y a le fameux guará, oiseau amazonien au plumage flamboyant (dont la couleur provient des crabes rouges desquels il s’alimente), le dauphin rose d’eau douce et une multitude d’espèces de poissons, de crustacés et de fruits de mer.

Depuis 2002, plus de 37 000 hectares de ce territoire sont protégés par leur statut de réserve extractiviste. Ce territoire, la RESEX marinha Mãe Grande, est une aire de conservation «avec usage durable» dont l’objectif est de concilier le maintien des modes de vie traditionnels des populations et la préservation des ressources naturelles locales. Ainsi, les activités telles que la pêche artisanale et la chasse aux crabes y sont permises si elles ne nuisent pas à la régénération des écosystèmes locaux, essentiels à la survie des 37 000 personnes vivant dans la RESEX

Un port minier au coeur de la réserve ?

Comme si ce paradis naturel était trop beau pour être vrai, un lourd nuage vient assombrir le ciel de la RESEX : on prévoit y construire un immense port minier d’ici quelques années, et ce au cœur de la réserve ! Ce port controversé, faisant partie d’un vaste plan de développement de l’Amazonie, transformera la RESEX en zone d’exportation de minerai provenant des mines environnantes. On estime qu’environ 600 000 tonnes de fer transiteront par le Porto da Espadarte à chaque année. Cet immense roulement des matières premières amènera sans doute la construction de routes et d’infrastructures qui déstabiliseront les dynamiques de la réserve.

Si vous désirez connaître la RESEX Mãe Grande ou les environs de Curuça, contactez l’Institut Peabirú (http://www.peabiru.org.br), une ONG locale qui travaille à développer un réseau de guides d’écotourisme et d’agents environnementaux avec des jeunes de la région. Les étudiants et guides de Peabirú se feront un plaisir de vous faire connaître les beautés de cet environnement si particulier, mais pourtant menacé.

Si vous avez la chance d’allez marcher sur la plage de la Romana, allez voir les pêcheurs pour savourez un poisson qu’ils auront fait griller sur le feu. Surtout, écoutez-les raconter leurs dernières histoires de pêche et vous parler avec tendresse de cet environnement qui, incroyable mais vrai, disparaîtra bientôt…

À quoi servent les zones d’aires protégées en Amazonie ?


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2 réponses

28 07 2009
Alessandro de Sousa

C’est dommage mais ça c’est une réalité de plusieurs aires protégés de l’Amazonie. Dans n’importe quelle pays Amazonien: En Guyane Française, il y a un projet énorme d’une entreprise minière international appelé CAMBIOR qui veux s’installer dans le parc naturel de la Guyane… Au Amapa, en parlant avec représentants de la communauté quilombola Cunani, dans le parc national du Cabo Orange, j’ai découvert qu’il y a des entreprises minières qui faites de prospection dans la région. Ils profitent de la probable autonomie de la communauté qui dois arriver avec le statut quilombola, proposent de “royalties” pour l’exploitation minière au sein de la communauté… Il y a beaucoup de boulot à faire.. puisque il sont consciencieusement intéressé de développer l’ecotourisme localement pour avoir un source de revenus, vu la pauvreté de la communauté…

28 07 2009
annieenamazonie

Merci Alessandro pour ton commentaire. C’est en effet la triste réalité pour l’instant, il y a encore beaucoup à faire pour changer la donne.

Merci pour les autres exemples d’aires protégées pillées, que je ne connaissais pas. Au plaisir de te relire sur mon blog !

Até logo,
Annie

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